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[Formation] PIC : la Région votera le pacte régional : interview d’Isabelle Gaudron

17 Déc 2018

Isabelle Gaudron, Vice-Présidente en charge de la formation professionnelle, de l’insertion et de l’orientation, a donné un interview à AEF info, groupe de presse professionnelle spécialisé sur les grands champs socio-économiques. A cette occasion, elle a pu revenir sur le Pacte régional qui sera voté lors de la prochaine sessions du Conseil régional. En voici un résumé.

« L’intérêt du pacte c’est de pouvoir aller plus loin dans nos politiques et les objectifs fixés par le PIC correspondent à la politique développée dans le cadre de notre CPRDFOP », a souligné Isabelle Gaudron. Le pacte régional devant être conclu avec l’État sera soumis jeudi 20 décembre au vote des élus, avec une enveloppe de quarante millions d’euros en 2019, pour un budget global de 251 millions d’euros sur la période 2019-2022. « En 2019, la région propose de réaliser 7 050 entrées supplémentaires en formation (soit 2 350 en propre et 4 700 confiées à Pôle emploi)… Nous devons développer une politique chirurgicale, il faut faire du sur-mesure pour la personne, l’entreprise et le territoire », poursuit-elle.

Le Pacte régional d’investissement sera soumis au vote ce jeudi 20 décembre, lors de la séance plénière du Conseil régional. Le document qui sera étudié nous a permis d’identifier des mesures mais les services de l’État ne suivent pas et il n’y a toujours pas de convention financière. Cela peut-être problématique au regard des sommes engagées, 251 millions d’euros jusqu’en 2022, avec une enveloppe de 40 millions pour la seule année 2019.

Pour 2019, la Région propose l’ouverture de 7 050 places supplémentaires de formation, dont 4 700 confiées à Pôle Emploi. A cet effet, nous mobiliserons, sur l’année 2019, 40 millions d’euros pour mettre en œuvre le programme d’actions lié au Pacte (31 millions d’euros pour les nouvelles entrées en formation et 9 millions pour les autres actions). Pour les années suivantes, nous consacrerons 211 millions pour la montée en puissance du Pacte régional, avec 65 millions d’euros en 2020, 75 millions en 2021 et 71 millions en 2022.

Au delà des sommes, ce Pacte va nous permettre d’aller plus loin dans nos politiques de formation. Nous mettrons ainsi plus de moyens humains et financiers pour développer nos fiches actions. Néanmoins, si notre collaboration avec les partenaires sociaux est excellente, ce travail est plus compliqué avec les services de l’État et peut être une source de retard dans la mise en place de nos politiques. Cela est notamment du à des formalités administratives trop lourdes. En effet, un grand nombre de documents, de tableaux et de justificatifs sont à fournir, ce qui mobilise fortement nos services en interne. il serait préférable que l’État nous fasse confiance, nous y gagnerons en temps et en performance.

Avec ce Pacte, nous nous sommes donnés pour objectif de toucher les publics les plus fragiles et les plus éloignés de l’emploi, souvent faiblement qualifiés. Nous renforcerons notamment notre politique d’information et d’orientation en direction de ces personnes. Nous souhaitons également renforcer les expérimentations et co-construire des plans de formation avec les entreprises, afin de répondre au mieux à leurs besoins et aux tensions du marché de l’emploi. Pour que cette stratégie soit efficace, nous faisons un sourcing avec les missions locales et Pôle Emploi pour accompagner les personnes les plus éloignés de la formation professionnelle. Nous avons déjà lancé plusieurs initiatives qui se sont révélées efficaces, je pense particulièrement au secteur de l’industrie ferroviaire, du verre et des métaux, avec un taux d’accès à l’emploi durable sur ces parcours de 100 %. Notre objectif consiste à amplifier ces projets dans chacun des 23 bassins d’emploi de la région, en développement pour chacun au moins trois initiatives de ce type.

Cependant, notre action ne résumera pas à cela. Nous comptons renforcer nos partenariats avec les entreprises sous diverses formes. Ainsi, nous allons développer les actions de GPEC (Gestion Prévisionnelle des Emplois et Compétences) territoriale, notamment par le biais des Cordées du territoire. Il nous faut développer une politique sur-mesure, à la fois pour la personne, pour l’entreprise et pour le territoire.

Le plan d’amorçage, lancé cette année, a été une réussite puisqu’il nous a permis de créer 6 000 places supplémentaires avec un budget dédié de 25 millions d’euros. Si nous avons du abonder ce montant afin de prendre en charge les rémunérations, le Pacte permettra d’avoir un coût moyen par stagiaire plus proche de la réalité. Le Pacte est en effet modulable et permet d’intégrer les frais liés à l’accompagnement ou à la mobilité, ce qui n’était pas le cas précédemment.

Pour conclure, je souhaiterais revenir sur le taux d’insertion vers l’emploi lié aux politiques que nous menons, véritable indicateur de notre action au service des habitants. À la fin du mois d’octobre 2018, nous avions réalisé en tout 23 601 entrées en formation dont 6 050 qui correspondaient aux places supplémentaires, ce qui représente un taux de réalisation pour nos objectifs de 93,3 %. De plus, nous avons constaté que 59 % des demandeurs d’emploi ayant suivi une formation ont accédé à un emploi durant les 6 mois après la fin de leur formation, et 6 mois après la formation, 48 % des stagiaires sont toujours un emploi. Ces chiffres sont bons mais ils nous invitent à amplifier notre action. C’est ce que nous avons prévu de faire avec ce Pacte régional 2019-2022 pour l’emploi.

Isabelle Gaudron

Vice-Présidente déléguée à la Formation professionnelle, à l'Insertion et à l'Orientation